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Adrien Fache : « Je suis fier de Mouscron... » Né à Mouscron, Adrien Fache y a joué un rôle déterminant pendant la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui à Bruxelles, il se dit fier de sa ville d’origine. Lorsqu’il revient à Mouscron, où réside une grande partie de sa famille, Adrien Fache est toujours surpris par la métamorphose de l’endroit qui l’a vu naître. Ces quartiers entiers de riantes habitations, ces zones industrielles peuplées d’entreprises modernes, ces infrastructures qui rendent le sport et la culture accessibles au plus grand nombre : tout cela le réjouit. Parce que cette évolution atteste de la bonne santé de la cité et ne fait que confirmer l’excellente réputation dont elle peut désormais se prévaloir. Une réputation largement due aux prestations de l’Excelsior qui constitue, nul n’oserait plus en douter, un puissant vecteur de promotion de la contrée. Et si Adrien Fache se fait une telle joie de voir sa ville se porter à la hauteur des plus grandes et des plus belles, c’est parce qu’il entretient avec elle des relations intenses et peu communes. Pendant la guerre 40-45, il s’y est battu pour la liberté de tous. Agissant dans l’ombre, il y a développé un réseau de renseignement d’une redoutable efficacité et d’une importance capitale. Il faut dire que la situation géographique spécifique de Mouscron rendait le travail, périlleux certes, mais primordial. Il s’agissait de faire passer la frontière aux informations politiques, économiques et autres qui, récoltées dans la Belgique entière, devaient prendre, via la France, la direction de Londres. Il fallait centraliser les rapports, les dactylographier, les photographier... Autant de missions qu’Adrien Fache réalisera tout au long du conflit. Ceci en compagnie d’autres Mouscronnois qui, comme lui, avaient décidé de ne pas céder sous le joug de l’occupant. Les obstacles, bien évidemment, ne manqueront pas. C’est ainsi qu’Adrien Fache devra faire face à la perte de plusieurs de ses compagnons, valeureux patriotes comme lui. Emmanuel De Neckere et ses amis seront abattus le 10 novembre 1942. Adrien Fache sera lui-même arrêté. Pas pour ses activités dans le domaine du renseignement, qui n’ont jamais été dévoilées tant elles ont été menées avec d’intelligentes précautions. Il sera en fait accusé d’avoir hébergé chez lui un aviateur américain. Emmené à la prison de Gand et condamné à mort par le Conseil de guerre, Adrien Fache sera déporté en Allemagne. Il y restera jusqu’à l’arrivée des alliés qui lui rendront la liberté à la fin avril 1945. Son retour à Mouscron sera dignement célébré. Les autorités le recevront à la gare sur un quai noir de monde. Un cortège sera organisé jusque chez lui, avec haltes devant le monument aux morts et à l’Hotel de ville. Adrien Fache a publié un livre à propos de son action dans la résistance. Il a décidé de se mettre au travail à l’issue d’une réunion de famille au cours de laquelle ses neveux et nièces lui avaient fait part de leur regret de tout ignorer de ses activités de guerre. Les documents et rapports existaient, emballés, au fond d’un tiroir depuis les années 60, tandis qu’un premier essai avait déjà été publié en 1982. Retravaillé, il constitue la première partie de l’actuelle édition. Une deuxième partie couvre les années 42 à 44 tandis qu’un troisième acte raconte sa captivité et sa libération en mai 1945. Pourquoi écrire ces faits de guerre ? Adrien Fache s’en explique au début de l’ouvrage : « Cet essai sur l’histoire d’un service de renseignement belge a pour but de maintenir en mémoire les noms de Belges disparus. Il peut susciter la fierté de leurs compagnons de combat et celle de familles qui ont souffert ou souffrent encore de la perte d’un être cher. Il s’adresse aussi aux jeunes puisque des pages sont spécialement écrites pour eux, tout au moins pour ceux qui sont à la recherche de la valeur du mot « Liberté ». L’on notera encore, au dos de l’ouvrage, ce petit mot de Jean Wille, un autre résistant : « Trop de souvenirs, en vérité, de choses vécues pareillement nous rapprochent pour que nous commettions l’erreur d’enterrer notre passé le plus glorieux, celui où nous avons tenté de servir la Patrie. » A Mouscron, l’on se souvient... C’est un hommage appuyé qu’Adrien Fache rend à l’abbé Emmanuel De Neckere, Marcel Demeulemeester, Adhémar Vandeplassche et Guillaume Vanzeveren, les Mouscronnois fusillés à Loppem le 10 novembre 1942. Il publie les courriers que ces derniers ont adressés lors de leur captivité mais aussi des témoignages à propos de leurs derniers instants. Ce devoir de mémoire, Adrien Fache se dit très heureux de le voir identiquement pratiqué par l’Administration communale. « A Mouscron, l’on veille à se souvenir des citoyens qui sont morts pour la Patrie. Toutes les villes ne peuvent pas en dire autant », note-t-il. Chaque année, il est vrai, une délégation se rend à la croix du Bois de Tillegem, élevée à la mémoire des Mouscronnois et des autres résistants fusillés là. C’en en l’honneur de ces héros qu’un monument a été érigé dans la cité même. Inauguré en 1960 à la place de la Justice, il intègre une œuvre d’André Willequet et porte deux inscriptions. Sur le mur latéral : « Pro Patria. A la glorieuse mémoire de l’abbé Emmanuel De Neckere, lieutenant A.R.A., chef de section du S.R.A. BRAVERY, et de ses compagnons Nestor De Beck, Alois De Meirsman (Dom Anselme O.S.B.), Marcel Demeulemeester, Antoine Hannoset, Rudolf Spitaels, Adhémar Vandeplassche, Guillaume Vanzeveren, René Verleyen, fusillés pendant la guerre 1940-1945 ». Sur la face principale : « Il n’est pas de plus grand amour... » Il avait été convenu, lors de la conception du monument, que le fond d’horizon formé des pignons des premières maisons de la rue du Beau-chêne et de l’avenue Louis Desprets, nuisant à l’esthétique de la composition sculpturale et architecturale de l’œuvre, serait aménagé par la Ville après acquisition des terrains vagues enclavés. Chose promise, chose due. Les parcelles ont été achetées par la commune. Et, en 1984, le député-bourgmestre réunit les chefs de la résistance locale afin de connaître leur avis quant à la meilleure manière de célébrer le quarantième anniversaire de la libération des communes de l’entité mouscronnoise par les alliés. Il fut décidé d’organiser une exposition sur la résistance à la Maison de la Culture mais aussi de créer un mémorial dédié aux résistants civils morts durant l’occupation. Celui-ci, inauguré le 4 septembre 1984, a deux mérites essentiels. Il est le fruit d’une idée nouvelle, empreinte de saine sobriété et d’émouvante rigueur. Situé derrière le monument dédié à Emmanuel De Neckere et à ses compagnons, il le met remarquablement en valeur... « Alias Marc Leman » La véritable identité devant rester secrète pour d’évidentes raisons de sécurité, Adrien Fache portait un pseudonyme : « Marc Leman ». D’autres régionaux avaient un nom de guerre. Comme ils appartenaient à la même section, il avait été convenu que ce nom commencerait par « Le ». Il y eut donc, entre autres, Lejeune (Abbé Emmanuel De Neckere), Leblanc (Lucien Fache), Leroux (Louis Tordeurs), Lefort (Victor Depraetere), Lecoq (Gaston Verheust), Lebrun (Achille Bouckaert), Lemeester (Albert Verschoore)... D’autres étaient actifs dans des réseaux parallèles. Il y eut donc aussi des « Du... » : Duflair (Louis Kint) et Dubois (Albert Vangeluwe), notamment. Les dames n’échappaient pas à la règle mais n’en renonçaient pas pour autant à leur légendaire coquetterie. Citons Claude (Gaby Daneau) et Catherine (Marthe Van Geluwe)... Quand le football s’en mêle... Adrien Fache se rendait régulièrement à Bruxelles pour prendre possession de différents rapports. C’est à l’occasion d’une de ses missions dans la capitale qu’a été tirée la photo illustrant la couverture de son livre. L’un de ses premiers rendez-vous avait été fixé au « Café de l’Espérance », un grand établissement tout proche de la gare du Midi. Rapidement, il s’est aperçu que l’endroit était particulièrement mal choisi, car exposé aux rafles fréquentes dans la gare du Midi. Bien que centrées sur la recherche des marchés noirs, ces rafles pouvaient néanmoins déboucher sur la découverte d’éléments de la résistance. L’échange des paquets allait donc se faire par l’intermédiaire d’une boîte postale plus rassurante, à la rue d’Espagne. S’en chargeait désormais Madame Delespierre. Celle-ci travaillait en qualité de secrétaire au bureau des arbitres de l’Union Royale Belge des Sociétés de Football... Comment acheter le livre Adrien Fache Titre : " Alias Marc Leman" Prix : 17 Euros à verser sur le compte :000-0214501-34 d'Adrien FACHE à 1190 Bruxelles. Format 14 x 24 cm.310 pages -index des personnes citées-nombreuses illustrations.
© J.J.E. - Royal Excelsior Mouscron - mars 2004 |