Faire face aux violences intrafamiliales tous ensemble
Description: **Réunissant de nombreux acteurs concernés par le phénomène des violences intrafamiliales, la table de coordination VIF va concrétiser deux actions en cette fin d’année 2025**
« Papa et maman se sont disputés. Je n’ai que trois mois, j’ai peur. Je pleure, ils me secouent pour me faire taire. Je suis handicapée à vie »
« Il m’enfermait et m’obligeait à avoir des rapports avec lui »
« Tu me quittes, je te tue »
« Il avait 17 ans, elles en avaient 5 et 7. C’était un jeu, disait-il. Ce jour-là, elles ont perdu leur insouciance »
« Il me tirait les cheveux, me crachait au visage »
Ces faits qui glacent le sang n’ont pas été inventés ! Ils ont bien été vécus par des victimes de violences intrafamiliales et/ou conjugales, à Mouscron ou dans les environs, puis divulgués lors de rencontres avec des professionnels.
C’est de cette réalité de terrain qu’est née la Table VIF : pour agir, ensemble, et rappeler que la violence n’est jamais une fatalité.
L’idée de la création d’une table de coordination sur les violences intrafamiliales a été évoquée à l’occasion de la création du Plan de cohésion sociale 2020-2025. L’augmentation significative des faits de ce genre constatée lors du confinement ne pouvait que concrétiser cette initiative.
Le but de cette table de coordination VIF est de rassembler les nombreux acteurs concernés par le sujet (une trentaine de partenaires divers et variés) et d’aboutir à la mise en place d’actions de sensibilisation.
Des supports d’information et un colloque
Deux actions concrètes vont ainsi être mises en place en 2025.
La première d’entre elles, s’adressant directement aux victimes ou témoins de violences intrafamiliales, a été la création de supports d’information visuelle, sous forme d’affichettes et étiquettes autocollantes, répertoriant les numéros utiles et les contacts de première ligne.
L’objectif est que chacun(e) puisse, en un coup d’œil, savoir qui contacter pour demander de l’aide, pour orienter un proche ou ne pas rester seul(e) face à une situation de violence.
Pour déployer l’information au plus près de la population, ces supports seront prochainement diffusés dans de nombreux lieux publics mouscronnois : cafés, pharmacies, salles d’attente, clubs sportifs, administrations, espaces associatifs, etc.
Visant plutôt les professionnels (travailleurs sociaux, paramédicaux et associatifs de la région) qui peuvent avoir des interactions avec les victimes, les témoins ou même les auteurs de violences intrafamiliales, la deuxième action est la mise en place d’un colloque intitulé « Agir ensemble contre les violences intrafamiliales ». Retrouvez l'invitation à l'événement ici.
Cette journée de formation à destination des professionnels se tiendra le mercredi 19 novembre 2025, au Centre de formation et de partage des compétences du CHM.
Concernant l’aspect juridique, l’échevine des Affaires sociales et de la Santé Mme Anne-Sophie Rogghe a indiqué qu’il était important de signaler que les victimes de violences conjugales ou intrafamiliales avaient la possibilité de bénéficier d’un premier conseil gratuit. Plusieurs permanences de première ligne sont ainsi mises sur pied dans toute la Wallonie picarde. À Mouscron, par exemple, la permanence se tient au CPAS (avenue Royale, 5) tous les lundis de 16h30 à 19h, sur rendez-vous (056/390450).
Quelques chiffres
En 2024, la Maison Maternelle a accueilli 22 femmes et 34 enfants, dont 9 femmes victimes de violences conjugales et 2 femmes auteures de violences intrafamiliales.
En 2024, 18 victimes de violences ont été désignées par le comité d’attribution pour un logement sur le territoire de la Société de Logements de Mouscron.
À l’ASBL « De Maux à Mots », il y a eu 253 rendez-vous en entretien individuel de suivi, évolution de la situation, écoute et identification des besoins. Mais aussi 96 accompagnements en permanence sociale, demande de logement, demande d’aide financière CPAS, régularisation de documents administratifs, liens entre les différentes structures, etc.